You are currently viewing Poule qui perd ses plumes : où, pourquoi et que faire

Une poule qui perd ses plumes est le plus souvent en train de muer, et ce n’est pas grave. Le reste des cas se joue sur quelques causes : un coq trop insistant, des poux, des coups de bec entre poules, du stress ou une ration trop pauvre. Pour s’y retrouver, regardez d’abord où les plumes manquent. La zone touchée en dit presque autant que la poule elle-même.

Avant tout, attrapez la poule et regardez la peau. Si elle est propre et que de petits tuyaux de plumes neuves pointent, c’est une mue. Si la peau est rouge, croûteuse, griffée ou qu’elle saigne, il y a autre chose derrière, et les sections qui suivent aident à trouver quoi.

La mue, partout et sans blessure

La mue commence à l’automne pour toutes les poules adultes, après la première année. Elle suit un ordre assez régulier : la tête et le cou d’abord, puis le corps, puis la queue. Elle dure souvent deux à trois mois, parfois davantage chez les poules âgées. La peau reste saine, les plumes tombent des deux côtés, et on voit pousser les nouvelles.

Pendant ce temps, la ponte s’arrête ou presque, comme l’explique notre article sur les poules qui ne pondent plus. La poule a froid et se montre fatiguée. Donnez-lui une ration un peu plus riche en protéines, quelques graines de tournesol, des vers de farine, et évitez de la manipuler : les plumes qui repoussent sont gorgées de sang et font mal si on les touche.

Plumes arrachées sur le dos : le coq

Une poule déplumée sur le dos et la nuque, avec parfois la peau griffée, a presque toujours un coq qui la monte trop souvent. Lors de l’accouplement, il s’accroche à sa crête et à ses plumes avec ses griffes. Les poules préférées du coq sont les premières touchées.

Le remède se joue sur les proportions : on compte en général un coq pour huit à dix poules. Au-dessous, il s’acharne sur les mêmes. Une selle de protection, une sorte de petit tablier en toile qui couvre le dos, protège les poules en attendant. Si le coq reste trop agressif, séparer un moment les poules les plus abîmées laisse la peau cicatriser.

Croupion, ventre et dessous des ailes : les parasites

Quand les plumes manquent près du croupion, autour du cloaque ou sous les ailes, pensez parasites. Les poux rouges piquent la nuit, les poux broyeurs rongent la base des plumes, et la poule se gratte et se pique elle-même. On voit parfois de petits amas grisâtres collés près de la peau : ce sont des œufs de poux.

Examinez-la avec une lampe en écartant les plumes autour du cloaque. Traitez la poule et surtout le poulailler : perchoirs, fentes, nids. La terre de diatomée saupoudrée dans les fissures, sur la litière et dans le bain de poussière aide à contenir les parasites. Contrairement à ce qu’on lit parfois, elle n’agit pas contre les vers intestinaux : c’est un produit pour les parasites externes. Un nettoyage régulier des perchoirs en bois, qui abritent les poux, compte autant que n’importe quel produit.

Un ventre déplumé peut aussi venir d’une poule couveuse : elle se déplume volontairement pour mieux réchauffer ses œufs.

Cou et tête : picage et gale déplumante

Des plumes qui manquent sur le cou, la tête ou la poitrine, avec une peau rougie, viennent souvent des autres poules. Le picage commence par un coup de bec pour établir la hiérarchie, puis certaines poules s’acharnent sur celle qui a déjà du sang ou la peau à nu. Les causes habituelles sont un enclos trop petit, trop de poules, de l’ennui, une ration pauvre en protéines ou une chaleur excessive.

Pour le calmer, donnez de quoi s’occuper : un tas de feuilles à gratter, des légumes suspendus, de l’herbe fraîche, un perchoir de plus. Isolez la poule qui s’acharne, ou celle qui est blessée, jusqu’à ce que les plumes repoussent. Si vous accueillez de nouvelles poules, procédez par étapes, comme l’explique l’article sur l’intégration de nouvelles poules.

L’autre cause de perte sur le cou, le dos et le ventre, c’est la gale déplumante, due à un acarien qui s’enfonce à la base de la plume. La poule se gratte, les plumes cassent, la peau s’épaissit et se couvre de croûtes. Elle est à ne pas confondre avec la gale des pattes, qui touche les pattes. Ce cas demande un diagnostic et un traitement vétérinaires.

Stress, prédateur et mauvaise alimentation

Une frayeur ou une canicule peuvent déclencher une mue précoce, y compris en été, et une poule attaquée par un renard ou un chien perd souvent des plumes à l’endroit de la morsure. Elle met quelques semaines à les retrouver. Regardez la peau : une plaie, même petite, doit être nettoyée et désinfectée. Un spray cicatrisant pour volailles, de préférence teinté, évite que les autres s’acharnent sur la zone rouge.

Une ration trop pauvre abîme le plumage : plumes ternes, cassantes, repousse lente. Un aliment complet de qualité et des coquilles d’huîtres concassées en libre-service règlent souvent le souci. Le guide de l’alimentation des poules pondeuses donne les quantités. Plus rarement, une maladie en est la cause, comme la maladie de Marek, que le vétérinaire peut identifier.

Que faire dès aujourd’hui

Attrapez la poule, regardez la peau et notez où manquent les plumes. Si la peau est saine, laissez la mue suivre son cours, ajustez la ration et patientez. Cependant, si vous voyez des parasites, traitez la poule et le poulailler le jour même. Enfin, si une poule est blessée ou harcelée, isolez-la. Si le coq est en cause, trouvez une solution pour les séparer.

Quand consulter un vétérinaire

Une peau rouge, des croûtes épaisses, une plaie qui saigne ou une perte brutale et étendue sur une poule abattue ne se traitent pas seul. Plusieurs poules touchées en même temps, qui se grattent beaucoup ou maigrissent, justifient aussi un avis. Mieux vaut le demander tôt : une gale ou une maladie se propage vite dans un poulailler.