You are currently viewing Bouture du framboisier : étapes essentielles

Le jardinier avisé cherche toujours à multiplier ses végétaux favoris. Réaliser une bouture du framboisier constitue une méthode économique et gratifiante pour étendre votre culture de petits fruits. Cette technique permet d’obtenir des clones exacts de vos variétés préférées. Vous garantissez ainsi la qualité gustative de vos futures récoltes.

Cependant, le terme « bouture » prête souvent à confusion concernant cet arbuste. Le framboisier possède ses propres particularités biologiques. Il ne se bouture pas exactement comme un géranium ou un rosier. Comprendre ces nuances assure le succès de votre entreprise.

Ce guide vous dévoile les secrets d’une multiplication réussie. Nous aborderons les techniques, les périodes propices et les soins essentiels. Préparez vos sécateurs, nous allons enrichir votre potager.

Comprendre la physiologie du framboisier

Avant de manipuler vos plants, analysez leur fonctionnement. Le framboisier, ou Rubus idaeus en latin, appartient à la famille des Rosacées. Cette ronce développe un système racinaire traçant très vigoureux.

Le phénomène du drageonnement

Le framboisier émet naturellement des tiges souterraines. Ces tiges remontent à la surface pour former de nouveaux plants. Les botanistes nomment ce processus le drageonnement. Dans le langage courant, nous parlons souvent de rejets.

La méthode la plus simple pour multiplier cet arbuste exploite cette capacité naturelle. Vous ne créez pas une bouture de tige classique. Vous divisez ou prélevez une partie enracinée. C’est la technique la plus fiable pour le jardinier amateur.

La véritable bouture de racines

Il existe une méthode plus technique : la bouture de racines. Elle permet de produire un grand nombre de plants à partir d’un seul pied mère. Cette technique demande un peu plus de doigté. Elle offre toutefois d’excellents résultats pour régénérer de vieilles souches.

Vous choisirez votre méthode selon vos besoins. Le prélèvement de drageons suffit pour ajouter quelques pieds. La bouture de racines convient pour créer une haie fruitière complète.

Quand réaliser votre bouture du framboisier ?

Le respect du calendrier conditionne la reprise de vos futurs plants. Intervenir au mauvais moment compromet la survie des racines.

La période de repos végétatif

L’automne représente le moment idéal. De novembre à mars, la sève redescend dans les racines. La plante entre en dormance. Vous minimisez ainsi le stress hydrique et physiologique.

Privilégiez le mois de novembre. La terre conserve encore un peu de la chaleur estivale. Les pluies d’automne favorisent l’installation du système racinaire avant les grands froids. L’adage « à la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » s’applique parfaitement ici.

La fin de l’hiver

Vous pouvez également opérer en février ou mars. Attendez la fin des fortes gelées. Agissez avant le réveil des bourgeons. Si les feuilles commencent à sortir, vous arrivez trop tard. La plante épuisera ses réserves pour le feuillage au détriment des racines.

Évitez absolument la période estivale. La chaleur et la sécheresse condamnent les jeunes prélèvements. Le printemps avancé pose aussi problème car la sève monte trop vite.

Le matériel nécessaire pour l’opération

Une bonne préparation garantit un travail propre et efficace. Rassemblez les outils suivants avant de vous rendre au potager.

  • Une bêche bien affûtée : Elle permet de trancher net les racines souterraines.
  • Un sécateur de qualité : Vous l’utiliserez pour rabattre les tiges et habiller les racines.
  • Des gants de jardinage : Les épines du Rubus idaeus peuvent être redoutables.
  • Un transplantoir : Utile pour les manipulations délicates.
  • Du terreau de plantation : Choisissez un substrat léger et riche en humus.
  • Un pralin (facultatif) : Ce mélange de boue et de bouse favorise la reprise.

Désinfectez toujours vos lames à l’alcool. Vous prévenez ainsi la transmission de maladies virales ou fongiques entre vos plants.

Méthode 1 : le prélèvement de drageons (la plus simple)

Cette technique s’apparente davantage à une division. Elle reste la voie royale pour le jardinier débutant. Elle offre un taux de réussite proche de 100 %.

Repérer les jeunes pousses

Observez le pourtour de vos pieds mères. Repérez les jeunes tiges qui sortent de terre à distance du pied principal. Sélectionnez les rejets vigoureux mais pas trop vieux. Ils doivent avoir l’épaisseur d’un crayon. Écartez les pousses chétives ou malades.

Extraire le rejet

Enfoncez votre bêche verticalement entre le pied mère et le rejet. Tranchez net la racine qui les relie. Creusez ensuite délicatement autour du rejet. Soulevez la motte de terre. Veillez à conserver le maximum de chevelu racinaire.

Ne tirez jamais sur la tige. Vous risqueriez d’arracher les précieuses radicelles. Procédez avec douceur et méthode. Secouez légèrement la terre pour inspecter l’état des racines.

Préparer le plant (l’habillage)

Une fois le rejet extrait, passez à l’habillage. Coupez la tige principale pour ne laisser que 20 à 30 centimètres de hauteur. Supprimez les feuilles restantes. Raccourcissez les racines trop longues ou abîmées. Cette taille drastique force la plante à se concentrer sur l’enracinement.

Méthode 2 : la bouture de racines (pour produire en masse)

Cette technique demande plus de précision. Elle permet d’obtenir des dizaines de plants avec un seul pied. C’est la véritable bouture du framboisier au sens horticole.

Prélever les racines

Déterrez un pied de framboisier vigoureux en hiver. Choisissez des racines charnues, saines et de couleur claire. Elles doivent avoir le diamètre d’un petit doigt. Le brunissement indique souvent une racine trop vieille ou morte.

Tronçonner les racines

Lavez les racines sélectionnées à l’eau claire. Coupez-les en tronçons de 10 centimètres environ. Utilisez un greffoir ou un couteau très tranchant. Assurez-vous que chaque tronçon possède au moins un ou deux « yeux » ou bourgeons latents.

La mise en culture

Préparez une terrine remplie d’un mélange drainant. Mélangez 50 % de terreau et 50 % de sable de rivière. Disposez vos tronçons de racines à l’horizontale sur le substrat. Recouvrez-les de 2 à 3 centimètres de mélange.

Tassez légèrement la surface. Arrosez en pluie fine. Placez la terrine sous châssis froid ou en serre non chauffée. Maintenez le substrat humide mais non détrempé durant tout l’hiver.

Au printemps, vous verrez apparaître de petites pousses vertes. Laissez-les se développer quelques semaines. Vous pourrez ensuite les repiquer en godets individuels avant la plantation définitive.

La préparation du sol pour la plantation

Vos boutures ou vos rejets méritent un sol accueillant. Le framboisier apprécie les terres riches, fraîches et légèrement acides. Il redoute par-dessus tout le calcaire et l’eau stagnante.

Ameublir la terre

Travaillez votre sol sur une profondeur de 40 centimètres. Retirez consciencieusement les mauvaises herbes. Éliminez les cailloux et les racines de liseron ou de chiendent. Ces adventices concurrencent fortement les jeunes framboisiers.

Enrichir le substrat

Incorporez du compost bien mûr ou du fumier décomposé. Le framboisier est une plante gourmande. Il nécessite beaucoup de matière organique pour produire des fruits. Ajoutez une poignée de corne broyée au fond du trou de plantation. Cet engrais à libération lente soutiendra la croissance printanière.

Si votre terre est lourde et argileuse, allégez-la. Mélangez-y du sable grossier ou de la tourbe. Le drainage reste crucial pour éviter l’asphyxie racinaire.

La plantation de vos nouvelles boutures

Le moment crucial est arrivé. Vous allez installer vos nouveaux plants. Respectez les distances pour éviter les maladies futures.

L’espacement idéal

Espacez chaque plant de 80 centimètres à 1 mètre. Laissez 1,50 mètre entre chaque rangée. Cette circulation d’air prévient l’apparition du Botrytis (pourriture grise). Elle facilite aussi vos futures récoltes et l’entretien.

La mise en terre

Creusez un trou suffisamment large pour étaler les racines sans les plier. Placez le collet de la plante au niveau du sol. Ne l’enterrez pas trop profondément. Comblez avec votre mélange de terre et de compost. Tassez fermement avec le pied pour chasser les poches d’air.

Formez une cuvette d’arrosage autour du pied. Versez immédiatement 10 litres d’eau, même si le sol est humide. L’eau plaque la terre contre les racines et amorce la reprise.

Les soins post-plantation

Votre travail ne s’arrête pas à la plantation. La première année détermine la vigueur future de votre framboiseraie.

Le paillage indispensable

Installez un paillis organique épais dès la plantation. Utilisez des feuilles mortes, de la paille ou du broyat de bois (BRF). Le paillage maintient l’humidité du sol. Il empêche la concurrence des herbes indésirables. En se décomposant, il nourrit la vie du sol. Le framboisier, plante de lisière de bois à l’origine, adore ce couvert.

L’arrosage régulier

Surveillez l’humidité du sol durant le premier printemps et l’été suivant. Les racines sont encore superficielles. Elles craignent la sécheresse. Arrosez copieusement une fois par semaine en cas d’absence de pluie. Évitez de mouiller le feuillage pour limiter les risques de maladies.

Le tuteurage

Installez rapidement un système de palissage. Plantez des piquets aux extrémités des rangs. Tendez des fils de fer à 40 et 80 centimètres de hauteur. Vous y attacherez les tiges au fur et à mesure de leur croissance. Cela évite que les fruits ne touchent le sol et ne pourrissent.

Erreurs fréquentes à éviter

Même les jardiniers expérimentés commettent des impairs. Identifiez ces pièges pour sécuriser votre bouture de framboisier.

  1. Prélever sur des pieds malades : Observez attentivement le pied mère. Si les feuilles jaunissent (chlorose) ou présentent des taches, abstenez-vous. Vous propageriez la maladie.
  2. Laisser les racines à l’air libre : Les racines fines dessèchent en quelques minutes. Si vous ne replantez pas immédiatement, mettez-les en jauge dans du sable humide.
  3. Confondre les variétés : Marquez vos boutures. Distinguez les framboisiers remontants des non-remontants. Leur taille et leur entretien diffèrent radicalement.
  4. Oublier de rabattre la tige : Laisser une longue tige fatigue la plante inutilement. Soyez courageux, coupez court.

Pourquoi privilégier la multiplication maison ?

Produire vos propres plants offre de multiples avantages. C’est une démarche économique évidente. Un plant en jardinerie coûte cher. Avec la bouture, c’est gratuit.

C’est aussi une garantie sanitaire. Vos plants sont acclimatés à votre sol. Ils résisteront mieux aux aléas climatiques de votre région. De plus, vous préservez des variétés anciennes ou familiales introuvables dans le commerce. C’est un acte de sauvegarde du patrimoine végétal.

Conclusion

La bouture du framboisier est à la portée de tous. Qu’il s’agisse de diviser des rejets ou de bouturer des racines, le succès réside dans la méthode. Respectez la période de repos végétatif. Préparez un sol riche et drainant. Soyez attentif à l’arrosage la première année.

En suivant ces étapes, vous transformerez quelques tiges en une abondante haie fruitière. Le plaisir de déguster vos propres framboises n’en sera que plus grand. Lancez-vous dès cet automne, votre jardin vous le rendra au centuple.


FAQ : Tout savoir sur la bouture du framboisier

Quelle est la meilleure période pour bouturer un framboisier ?

La période idéale se situe entre novembre et mars, durant le repos végétatif. Le mois de novembre reste le meilleur moment pour favoriser l’enracinement avant l’hiver.

Peut-on bouturer un framboisier dans l’eau ?

Non, cette technique fonctionne très mal pour le framboisier (Rubus idaeus). Privilégiez toujours la division de drageons ou la bouture de racines directement en terre ou en substrat.

Quelle est la différence entre un drageon et une bouture ?

Un drageon est une tige issue des racines possédant déjà son propre système racinaire. Une bouture est un morceau de plante (tige ou racine) qui doit créer de nouvelles racines pour survivre.

Combien de temps faut-il pour avoir des fruits après une bouture ?

Généralement, vous obtiendrez une petite récolte dès la deuxième année. La production deviendra optimale à partir de la troisième année de plantation.

Faut-il utiliser de l’hormone de bouturage ?

Pour la division de drageons, c’est inutile car les racines existent déjà. Pour la bouture de racines en terrine, cela peut aider légèrement, mais le framboisier reprend très bien sans hormone.

Comment savoir si ma bouture a pris ?

L’apparition de nouvelles feuilles vigoureuses au printemps est le signe indéniable de la réussite. Si la tige sèche et devient cassante, la reprise a échoué.

Peut-on multiplier tous les types de framboisiers ?

Oui, toutes les variétés (remontantes et non-remontantes) se multiplient ainsi. La méthode des drageons fonctionne particulièrement bien pour la majorité des cultivars.

Quel sol préfèrent les jeunes boutures ?

Elles réclament un sol riche en humus, frais, bien drainé et plutôt acide. Évitez les terres calcaires qui provoquent le jaunissement des feuilles (chlorose).