You are currently viewing Comment fertiliser les tomates naturellement ?
Image par Katharina N. de Pixabay

Nourrir le sol avant de nourrir la plante

La tomate est gourmande. Un plant qui doit produire plusieurs kilos de fruits sur quelques mois puise beaucoup dans la terre, et c’est pourquoi le travail commence avant la plantation. Une terre riche en matière organique, drainante et légèrement acide (un pH autour de 6 à 6,8 lui convient) donne de bien meilleurs résultats qu’un sol pauvre rattrapé en urgence à coups d’engrais en juillet.

Le plus simple reste le compost. Quelques semaines avant de planter, griffez la surface et incorporez-en une couche de quelques centimètres. Si vous n’en avez pas, notre guide sur ce qu’on peut mettre dans un compost vous aidera à en faire. Le fumier bien décomposé (plusieurs mois de maturation, jamais frais) apporte surtout de l’azote et retient l’eau. Posé frais contre les racines, il brûle. Les engrais verts semés à l’automne ou au printemps (moutarde, trèfle, seigle) enrichissent aussi la terre et la structurent, et on les enfouit avant de planter.

À la plantation

Au moment de planter, mettez une poignée de compost dans le trou, ou de la poudre d’os pour le phosphore, qui aide l’enracinement et la floraison. Le reste des gestes (profondeur, enterrer la tige, espacement) est détaillé dans notre guide de plantation. Arrosez ensuite bien, et sans engrais liquide les premières semaines : la plante a déjà ce qu’il lui faut.

Pendant la culture

C’est après l’apparition des premières fleurs, puis des premiers fruits noués, que les besoins montent. Le potassium prend alors le relais de l’azote : il joue sur la qualité, la couleur et le goût des fruits. Trop d’azote à ce stade donne un feuillage luxuriant au détriment des tomates et des plantes plus fragiles face aux maladies.

On a deux façons de procéder. La première consiste à étaler une couche de compost mûr en surface chaque mois, sans l’enfouir. La seconde est un engrais liquide tous les quinze jours à trois semaines : le purin d’ortie, dilué comme l’indique son mode d’emploi, est riche en azote et convient bien en début de culture. Un purin de consoude, plus riche en potasse, prend le relais à la floraison. Pour connaître cette plante, voyez notre fiche sur la consoude officinale.

La cendre de bois apporte du potassium, mais elle fait aussi monter le pH de la terre. Épandez-en peu, une petite poignée par mètre carré, et pas chaque semaine.

Quelles que soient les quantités annoncées sur les emballages, partez de moins. Un engrais donné en trop ne rattrape rien : il brûle les racines.

Lire les feuilles

Des feuilles du bas qui jaunissent signalent souvent un manque d’azote. Mais aussi un excès d’eau : vérifiez l’humidité avant de corriger. Par ailleurs, des feuilles qui prennent une teinte violacée par temps froid trahissent un blocage du phosphore, qui revient avec la chaleur. Des bords brunis et secs peuvent signaler un manque de potasse. Et un fruit dont le bas devient noir et sec (le cul noir) est le plus souvent un problème d’arrosage irrégulier plutôt que de calcium absent du sol. Voir comment arroser les tomates.

Les tomates en pot

En pot, les éléments nutritifs partent avec l’eau d’arrosage. Une tomate en pot demande donc des apports plus fréquents. Par exemple un engrais liquide toutes les deux semaines environ à partir de la floraison. Et cela sur un terreau déjà enrichi à la plantation. Notre article sur la culture des tomates en pots détaille le choix du contenant et du terreau.

Garder le sol vivant

Un paillage de paille ou de tontes sèches nourrit lentement la terre en se décomposant, protège de la chaleur et réduit les arrosages (quels matériaux utiliser en été). Et les voisins comptent : certaines plantes s’associent bien à la tomate, comme on le voit dans quoi planter avec les tomates.

Saison après saison, je me suis rendu compte que le bon sens et l’adaptation aux aléas climatique reste la meilleure formule.