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Cueillir quand la tomate est mûre sur le pied

Une tomate cueillie mûre sur la plante a un goût qu’aucune tomate mûrie dans un cageot n’atteint. Le principe tient en une phrase : attendez qu’elle soit pleinement colorée, uniformément, sans épaule verte autour de la tige. Au toucher, elle doit être ferme mais céder très légèrement sous le doigt. Dure comme une pierre, elle n’est pas prête. Molle et ridée, elle est passée.

Attention aux variétés qui ne passent pas au rouge : une tomate noire de Crimée garde des reflets bruns ou verdâtres à l’épaule, une variété jaune ou orange ne se juge pas à sa couleur de la même façon. Fiez-vous au toucher et à la facilité avec laquelle le fruit se détache.

Le geste

Prenez le fruit dans la main et faites-le pivoter pour le détacher au niveau de l’articulation, ce petit coude sur le pédoncule. S’il vient sans effort, il est mûr. Pour les variétés à pédoncule tenace, ou pour ne pas casser la grappe, utilisez un sécateur ou des ciseaux. Ne tirez pas : vous risquez d’arracher le fruit voisin, ou de blesser la tige.

Si vous comptez la garder quelques jours, laissez le calice vert en place.

Récolter souvent

En plein été, passez tous les deux ou trois jours. Un fruit mûr laissé sur le pied éclate à la première pluie, attire les guêpes et les limaces, et retarde les suivants. Cueillir régulièrement relance aussi la plante. Quand la saison avance, regardez surtout les fruits proches du sol, qui mûrissent et pourrissent les premiers.

Après de fortes pluies ou un arrosage trop généreux après une période sèche, les tomates éclatent. Si vous voyez de petites fentes, cueillez les fruits les plus colorés tout de suite. L’article sur l’arrosage des tomates explique comment éviter ces écarts.

À quelle période

Les premières tomates arrivent en général en juillet, pour les variétés précoces, et la récolte court jusqu’en octobre selon les variétés et le climat. Les plants repiqués après les saints de glace, mi-mai, donnent leurs premiers fruits en fin d’été. Pour savoir ce que vous récoltez chaque mois à côté des tomates, voyez le calendrier de récolte au potager.

Conserver les tomates fraîches

Gardez-les à une température comprise entre 10 °C et celle de la pièce, loin du soleil et des courants d’air, sans jamais les mettre au réfrigérateur : le froid détruit leur arôme et ramollit leur chair. Posez-les côte à côte, sans qu’elles se touchent, dans une caisse en carton ou un sac en papier. Retirez tout fruit abîmé ou taché, car il contamine les autres. Elles se gardent quelques jours, une à deux semaines pour les plus fermes.

Une tomate fraîche reste meilleure qu’une tomate stockée. Mangez d’abord celles qui sont déjà bien mûres.

Quand le jardin déborde

En pleine saison, un seul plant peut en donner plus que vous n’en mangerez. Plusieurs solutions : les congeler entières dans un sac (la peau se retire toute seule à la décongélation), les sécher, en faire du coulis, de la purée ou de la confiture, les mettre en bocaux. Notre guide sur les conserves maison de légumes de saison évite les erreurs de stérilisation. Et pour les cuisiner autrement, les tomates farcies sont toujours un bon réflexe.

Fin de saison : que faire des tomates vertes

Avant les premières gelées, cueillez tous les fruits restants. À la mi-septembre, supprimez quelques feuilles pour laisser passer la lumière sur les derniers fruits. Les tomates qui commencent à changer de couleur finissent de mûrir à l’intérieur, enveloppées dans du papier journal, dans un endroit frais et sombre. Celles qui sont encore totalement vertes mûrissent mal. Mieux vaut les cuisiner : chutney, confiture, tarte, beignets. Voyez que faire des tomates vertes pas mûres pour des recettes.

Si le mildiou s’installe en fin de saison, cueillez vite les fruits sains avant que les taches ne les gagnent. Les gestes de prévention sont dans notre article sur le mildiou.

Ce qui fait une bonne récolte

La qualité de la cueillette se prépare tout au long de l’été. L’essentiel tient en quelques gestes : une bonne exposition, au moins six à huit heures de soleil par jour, une distance suffisante entre les pieds, un arrosage régulier, des apports adaptés, un tuteurage solide et une taille raisonnable. Chacun de ces points a son article.