Semez les melons en godets sous abri de la mi-mars à avril, à 20-25 °C, puis plantez-les en pleine terre à la mi-mai, quand le sol dépasse 15 °C et que les nuits ne descendent plus sous 10 °C. Laissez 80 cm à 1 mètre entre les plants, en plein soleil, dans une terre riche en compost. Pincez la tige principale au-dessus de la deuxième ou troisième feuille, gardez trois ou quatre fruits par pied, arrosez au pied et récoltez quand le parfum est fort et que le pédoncule se fissure. Le melon est une plante de chaleur : dans le Nord, une culture sous tunnel ou sous châssis augmente nettement les chances de réussite.
Voici le détail, du choix de la variété jusqu’à la récolte.
Choisir la variété
Le melon charentais, à chair orange parfumée et à peau fine, est le plus répandu dans les potagers français. Il demande des étés assez chauds. Le melon galia, à peau réticulée et chair verte, est parfois jugé un peu moins exigeant. Le cantaloup à côtes et le melon jaune sont d’autres options. Dans les régions fraîches, privilégiez les variétés précoces : elles ont le temps de mûrir avant les premiers froids d’automne. Pour plus de détails, voyez le guide du melon galia et la culture des melons jaunes.
Semer et planter
Semez en godets, un à deux grains par godet, à 1 cm de profondeur, dans un terreau pour semis. Maintenez-les au chaud, entre 20 et 25 °C, avec beaucoup de lumière. La levée prend de trois à six jours. Gardez le plant le plus vigoureux. Quatre à cinq semaines après, quand les plants ont deux à quatre vraies feuilles, ils sont prêts à planter.
Attendez la mi-mai, après les dernières gelées, et que la terre ait chauffé. Un melon planté dans un sol froid s’arrête et ne repart pas. Installez-les en plein soleil, dans un sol meuble, riche en humus et bien drainé, enrichi de compost mûr. Plantez en butte ou sur une planche surélevée, qui se réchauffe plus vite. Laissez 80 cm à 1 mètre entre les plants et 1 mètre ou plus entre les lignes, car les tiges s’étalent. Un voile de forçage ou un tunnel plastique aide au début de la saison.
Les plants du commerce se plantent de la même façon. Voyez l’article sur les plants de melons.
Pailler et arroser
Un paillage de paille ou un film noir réchauffe le sol, limite les herbes et garde les fruits propres. Placez une ardoise, une planche ou une couche de paille sous chaque fruit pour qu’il ne touche pas la terre humide. Pour choisir le matériau, voyez l’article sur le paillage en été.
Arrosez régulièrement au pied, sans mouiller les feuilles, qui favorisent l’oïdium et le mildiou. Les besoins sont les plus importants à la floraison et pendant le grossissement des fruits. Quand les melons approchent de la maturité, espacez les arrosages : un excès d’eau dilue le sucre et fait éclater les fruits. Un engrais riche en potasse soutient la fructification, mais évitez trop d’azote, qui donne des tiges et peu de fruits.
Tailler le melon
La taille n’est pas obligatoire, mais elle donne des fruits plus gros et plus sucrés. Pincez la tige principale au-dessus de la deuxième ou troisième feuille. Deux ou trois branches latérales se forment. Quand elles portent des fruits, pincez-les une à deux feuilles au-delà du fruit. Gardez trois ou quatre fruits par plant, ou un à deux pour de gros melons. Supprimez les autres fruits et les tiges qui n’en portent pas.
Les fleurs mâles et femelles sont séparées sur le même pied, et les abeilles doivent passer de l’une à l’autre. Plantez des fleurs mellifères à proximité. Par temps froid ou en l’absence d’insectes, la pollinisation manuelle avec un pinceau est possible.
Maladies et ravageurs
L’oïdium (feutrage blanc sur les feuilles), le mildiou et la fonte des semis sont les maladies courantes. Un bon espacement, un arrosage au pied et la rotation des cultures aident. Ne cultivez pas de melon, de courge, de concombre ou de courgette au même endroit tous les ans : respectez au moins trois ans d’intervalle. Les pucerons se logent sur les jeunes pousses et sous les feuilles. Un voile anti-insectes protège les jeunes plants.
Récolter et conserver
Les melons mûrissent environ trois mois après le semis, de juillet à septembre selon le climat. Un charentais mûr dégage un parfum sucré marqué, son pédoncule se fissure en cercle et se détache facilement, et l’extrémité opposée est légèrement souple sous le pouce. Le dessous qui touche le sol vire au jaune. Récoltez le matin, quand le fruit est frais.
Un melon se garde quelques jours dans un endroit frais. Au réfrigérateur, enveloppez-le pour que son odeur ne se diffuse pas aux autres aliments. Une fois coupé, filmez-le et consommez-le sous deux ou trois jours. Pour les recettes, voyez dix recettes de melon charentais.
