La camomille est l’une des plantes les plus utilisées en tisane, et les promesses qui l’entourent sont nombreuses : sommeil, stress, digestion, peau, cheveux. Une partie de ces usages repose sur une longue tradition et sur quelques études, une autre partie n’a aucune preuve sérieuse. Voici ce que l’on peut raisonnablement en attendre, comment la préparer, et les précautions à connaître. Ce texte ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Table des matières
Camomille matricaire et camomille romaine
Ce que l’on appelle camomille recouvre deux plantes différentes. La camomille matricaire ou allemande (Matricaria chamomilla) est une annuelle dont on utilise les capitules floraux, et c’est elle que l’on trouve le plus souvent en tisane. La camomille romaine (Chamaemelum nobile) est une vivace basse, utilisée de la même façon. Pour les détails sur chacune, voyez l’article sur la camomille matricaire et celui sur la camomille romaine. Les deux appartiennent à la famille des astéracées, ce qui compte pour les allergies.
Préparer une infusion
Comptez une à deux cuillères à café de fleurs séchées par tasse de 250 ml. Versez une eau chaude, autour de 90 à 95 °C, plutôt que franchement bouillante. Couvrez la tasse pour garder les arômes, laissez infuser 5 à 10 minutes, puis filtrez. Le miel ou le citron sont facultatifs. Les sources parlent de trois à quatre tasses par jour au maximum, ce qui est cohérent avec un usage de tisane courante.
Sommeil et stress
C’est l’usage le plus connu. Une tasse tiède le soir fait partie de ces rituels qui aident à se détendre, et la plante a une réputation calmante ancienne. Pour l’effet réel de la plante elle-même, les preuves sont plus minces qu’on ne le lit parfois. Quelques essais cliniques sur des extraits ont donné des résultats encourageants contre l’anxiété légère ou le sommeil léger, mais ils sont peu nombreux et de petite taille. Une infusion peut aider à se détendre, sans être un traitement de l’anxiété ni de l’insomnie. Si le problème dure, parlez-en à un médecin.
Digestion et constipation
Elle est traditionnellement utilisée contre les spasmes digestifs, les ballonnements et les inconforts après un repas, et cet usage est reconnu par les autorités européennes pour les petits troubles digestifs. En revanche, rien ne prouve un effet laxatif. Contre la constipation, la camomille peut tout au plus détendre un ventre crispé, et ne remplace ni les fibres, ni l’eau, ni l’activité physique. Si la constipation persiste plus de quelques jours, ou s’accompagne de douleurs ou de sang dans les selles, consultez. Les articles consacrés à ce sujet affirmaient des résultats rapides sans aucune source, et je ne les reprends pas.
Peau et cheveux
Appliquée sur la peau, la camomille a un usage traditionnel pour apaiser de petites irritations : compresses tièdes d’infusion refroidie sur une peau rouge, un bain de siège, un masque simple avec de la poudre de fleurs et du yaourt. Les promesses les plus larges, comme l’eczéma, l’acné, l’effet anti-âge ou le teint éclatant, ne reposent sur aucune étude solide. Faites toujours un test sur le pli du coude avant, car les allergies de contact existent.
Pour les cheveux, le rinçage final avec une infusion froide est un classique : une poignée de fleurs infusées 10 à 15 minutes, filtrées, puis passées sur les cheveux après le shampooing. Il donne du brillant et peut éclaircir très légèrement les cheveux blonds ou châtain clair avec la répétition, c’est tout. L’effet sur les pellicules ou la solidité du cheveu n’est pas démontré.
L’huile essentielle, avec prudence
L’huile essentielle de camomille matricaire, d’un bleu profond à cause du chamazulène, est chère et très concentrée. On ne l’avale pas et on ne l’applique jamais pure sur la peau. Diluée dans une huile végétale, on peut l’utiliser en massage local sur une zone musculaire, après un test cutané. Elle est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, et chez le jeune enfant, sauf avis médical. Les usages vendus pour les migraines, les douleurs menstruelles ou les troubles digestifs ne sont pas démontrés : demandez conseil à un pharmacien ou à un aromathérapeute qualifié plutôt que de vous fier à des dosages trouvés en ligne.
Précautions
Évitez la camomille si vous êtes allergique aux plantes de la famille des astéracées, comme l’ambroisie, l’arnica, le chrysanthème ou la matricaire. Les réactions vont de simples démangeaisons à des troubles plus sérieux. Si vous prenez un anticoagulant, un sédatif ou tout traitement au long cours, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d’en boire régulièrement, car des interactions ont été signalées. Pendant la grossesse et l’allaitement, limitez-vous à une consommation occasionnelle et demandez conseil. Chez l’enfant, avis du pédiatre avant tout usage régulier.
Cueillir et sécher sa propre camomille
Si vous en cultivez ou en trouvez dans un champ propre, loin des routes et des traitements, récoltez les capitules quand les pétales blancs sont bien étalés, par temps sec, en fin de matinée. Étalez-les en couche fine sur un linge à l’ombre, dans un endroit aéré, retournez-les, et attendez qu’ils soient bien secs avant de les mettre en bocal fermé, à l’abri de la lumière. Une fleur humide moisit.
Au fil des ans, l’infusion de camomille est devenu une boisson quotidienne. La tisane a d’autant plus de goût qu’elle est très facile à cultiver dans mon jardin.
