Pour pailler avec des copeaux de bois, étalez une couche de 5 à 8 cm sur un sol désherbé et humide, au printemps ou à l’automne, en laissant 5 à 10 cm libres autour des troncs et des tiges. Les copeaux conviennent très bien aux arbustes, aux haies, aux massifs et aux allées. Ils sont moins adaptés aux semis et aux jeunes plants de légumes. Ils durent de deux à trois ans avant de disparaître en humus.
Cet article précise le bon geste, ce que vaut vraiment le risque de « faim d’azote » et le choix du bois.
Ce qu’apportent les copeaux
Une couche de copeaux limite l’évaporation, donc les arrosages. Elle prive de lumière les herbes qui germent, protège le sol du tassement par la pluie et le garde plus frais en été. En hiver, elle atténue un peu les écarts de température au niveau des racines. En se décomposant, elle nourrit les organismes du sol et forme de l’humus, lentement.
Les copeaux se distinguent du broyat de branches. Les copeaux, issus du rabotage ou du déchiquetage, sont plus réguliers et plus propres à l’œil. Le broyat contient des brindilles, des feuilles et de l’écorce, il se décompose plus vite et nourrit mieux le sol. Pour des allées ou des massifs décoratifs, les copeaux sont plus agréables. Pour un sol à nourrir, le broyat est plus efficace.
Poser un paillage de copeaux
Désherbez d’abord. Sur une parcelle envahie, posez un carton brut sans encre ni adhésif, mouillez-le, puis recouvrez de copeaux. Le carton étouffe les herbes en quelques mois.
Arrosez le sol avant de pailler si la terre est sèche : le paillis garde l’humidité, il n’en apporte pas. Étalez ensuite 5 à 8 cm de copeaux. En dessous de 5 cm, les herbes passent. Au-delà de 10 cm, l’eau traverse mal et le sol peut manquer d’air.
Laissez un espace libre de 5 à 10 cm autour des troncs, des collets et des tiges. Un paillis collé à l’écorce retient l’humidité et favorise la pourriture, ce qui expose l’arbre aux champignons et aux rongeurs. Gardez aussi une bande dégagée le long des murs de la maison.
La meilleure période est le printemps, quand le sol s’est réchauffé, juste avant que les herbes ne partent. Un paillage posé à l’automne protège aussi les racines avant l’hiver. Si le vent soulève les copeaux sur un terrain exposé, un arrosage léger suffit à les tasser. Chaque année, complétez simplement la couche quand elle s’amincit.
La faim d’azote, un risque à relativiser
On lit souvent qu’il faut compenser le paillage avec de l’engrais azoté. C’est surtout vrai quand le bois est mélangé à la terre. Les micro-organismes qui le décomposent consomment alors l’azote du sol. Posés en surface, les copeaux n’agissent que sur la fine couche de contact, et les racines des arbustes et des plantes installées s’en ressentent peu.
Le risque concerne surtout les semis et les jeunes plants dont les racines sont proches de la surface. Autour d’eux, mieux vaut utiliser de la tonte sèche, de la paille ou un paillis plus fin. Ne mélangez jamais les copeaux à la terre de plantation.
Si vous voyez des feuilles jaunir au pied d’un arbuste fraîchement paillé, écartez les copeaux, vérifiez l’arrosage, puis apportez un peu de compost mûr. Cela suffit en général.
Quel bois choisir
N’utilisez jamais de copeaux issus de bois traité, peint ou vernis, ni de contreplaqué ou d’aggloméré. Ils peuvent contenir des produits qui polluent le sol. Les copeaux de menuiserie sont à vérifier avant usage.
Les copeaux de feuillus (chêne, hêtre, châtaignier, frêne) conviennent à tous les usages. Les résineux (pin, épicéa) se décomposent plus lentement et leur effet sur le pH reste limité. Ils sont appréciés sous les plantes de terre de bruyère comme les rhododendrons ou les hortensias. Pour d’autres matières, voyez les articles sur le paillage d’écorces de pin, les aiguilles de pin ou la sciure de bois.
Les copeaux frais conviennent bien aux arbustes, aux haies et aux allées. Pour les cultures plus sensibles, laissez-les vieillir quelques mois en tas, ce qui réduit la consommation d’azote.
Au potager et au pied des arbres
Au potager, évitez les copeaux sur les semis et sur les rangs de légumes à petites racines comme les carottes ou les radis. Ils conviennent mieux autour de plants installés, comme les tomates, les courges ou les choux, et dans les allées entre les planches. Les limaces peuvent s’abriter sous un paillis épais, surveillez-les au printemps. Pour les autres matériaux utiles dans les carrés de légumes, consultez l’article sur le paillage du potager.
Au pied des arbres fruitiers, les copeaux fonctionnent bien si l’on respecte le dégagement autour du tronc. Les amendements à prévoir figurent dans l’article sur ce qu’il faut mettre au pied des arbres fruitiers.
Une couche de copeaux dure de deux à trois ans selon le climat et l’essence. Quand le sol réapparaît par endroits ou que la couche s’amincit sous 4 cm, ajoutez-en. Les copeaux n’attirent pas davantage de nuisibles que les autres paillis, mais ils ne conviennent pas à toutes les plantes : celles qui n’aiment ni l’humidité au collet ni les sols frais, comme certaines aromatiques méditerranéennes, préfèrent un paillis minéral.
