Bouturer un rosier, c’est obtenir gratuitement une nouvelle plante identique à l’original à partir d’un simple bout de tige. Ça marche bien avec les rosiers rustiques, les rosiers anciens et les grimpants, moins bien avec certains hybrides modernes. Le taux de réussite n’est jamais de 100 %, donc on fait plusieurs boutures à la fois. Voici la méthode, la meilleure période, le substrat, les soins, et ce qu’il faut penser des astuces comme la pomme de terre ou le verre d’eau.
Table des matières
Quand faire les boutures
La meilleure période va de la fin de l’été au début de l’automne, de la mi-août à novembre selon le climat, quand les tiges de l’année sont devenues semi-ligneuses, c’est-à-dire un peu fermes à la base mais encore souples vers le haut. Une tige qui a fleuri ce mois-ci convient très bien. On peut aussi bouturer au printemps, mais l’enracinement est moins régulier.
Choisir la tige et la couper
Prélevez une tige saine, de l’année, de la grosseur d’un crayon, sur un rosier vigoureux et sans maladie. Évitez les tiges très tendres, qui pourrissent, et le vieux bois très dur, qui s’enracine mal. Coupez des tronçons de 15 à 20 cm avec au moins trois nœuds, ces renflements d’où partent les feuilles.
Utilisez un sécateur propre, désinfecté à l’alcool, pour ne pas transmettre de maladie. Coupez en biais juste sous le nœud du bas, et droit environ un centimètre au-dessus du nœud du haut, ce qui permet de reconnaître le sens de la bouture. Retirez toutes les feuilles du bas, gardez-en une ou deux au sommet, que vous pouvez raccourcir de moitié pour limiter l’évaporation. Retirez aussi les fleurs et les boutons.
L’hormone de bouturage
Une poudre ou un gel d’hormone de bouturage, dans laquelle on trempe la base de la tige, augmente souvent les chances d’enracinement. Elle n’est pas indispensable pour les rosiers faciles, mais aucune donnée chiffrée ne permet de mesurer son effet exact.
Le substrat
Il faut un mélange léger, drainant et humide. Une moitié de terreau de bouturage ou de terreau universel et une moitié de sable grossier ou de perlite fonctionnent bien. Remplissez un pot d’au moins 15 à 20 cm de profondeur, humidifiez, puis faites un trou avec un crayon avant d’y planter la tige pour ne pas arracher l’hormone. Enterrez-la jusqu’à mi-hauteur, avec au moins un nœud sous la terre. Tassez doucement.
Garder l’humidité
Couvrez le pot d’un sac en plastique transparent ou d’une bouteille coupée, en le décollant des feuilles avec des tuteurs, pour créer une atmosphère humide. Placez-le dans un endroit lumineux, mais sans soleil direct, qui chaufferait trop. Aérez tous les deux ou trois jours pour éviter les moisissures, et gardez le substrat frais sans le détremper. Retirez les feuilles qui pourrissent.
Combien de temps
Les racines apparaissent en 3 à 8 semaines selon la variété et la température. Les sources donnaient aussi 8 à 10 semaines, ce qui montre à quel point cela varie. Une jeune pousse qui se développe au sommet est bon signe, mais c’est le test de résistance qui compte : tirez très doucement sur la tige, et si elle résiste, elle a des racines. Retirez alors progressivement la couverture, sur une ou deux semaines.
Planter et attendre
Laissez la bouture en pot jusqu’au printemps suivant, à l’abri du gel sous un châssis, dans une véranda froide ou en pot enterré, avant de la mettre en place. Plantez-la ensuite dans un sol bien préparé, enrichi de compost, au soleil. Une bouture de rosier fleurit généralement la première ou la deuxième année, mais la plante reste petite quelques saisons.
Une bouture donne un rosier sur ses propres racines. Cela change peu avec les rosiers anciens, mais un rosier greffé que vous bouturez peut pousser avec une vigueur différente de celle de la plante mère. Les variétés protégées par un droit d’obtenteur ne se multiplient pas pour la vente.
Les méthodes alternatives
La bouture plantée dans une pomme de terre est très répandue sur les réseaux, mais les avis divergent : elle est amusante et aléatoire, avec un risque de pourriture et de maladies, sans preuve qu’elle fasse mieux qu’un bon substrat. La bouture dans un verre d’eau fonctionne parfois, mais les racines qui se forment dans l’eau sont fragiles et s’adaptent mal à la terre. Je conseille le pot avec un substrat drainant.
Choisir le rosier à multiplier
Les rosiers rustiques, les rosiers sarmenteux et les rosiers anciens s’enracinent facilement. Pour trouver un rosier à multiplier ou en choisir pour le jardin, voyez les plus belles roses pour un jardin romantique et le guide des rosiers grimpants.
Pour utiliser régulièrement cette méthode, c’est assez facile avec un peu de méthode. Cela marche particulièrement avec les rosiers rustiques, les grimpants ou encore les variétés anciennes.
