Une poule qui arrête de pondre n’est presque jamais malade. Dans la plupart des cas, c’est la saison, l’âge ou la lumière, et il n’y a rien de grave derrière. Le reste se joue sur l’alimentation, l’eau, le stress ou un parasite qu’on n’a pas encore vu. Cet article suit l’ordre dans lequel on peut vérifier les choses, de la cause la plus fréquente à la plus rare.
Une précision d’abord : une poule ne pond ni toute l’année, ni toute sa vie. Elle commence vers cinq ou six mois, donne le meilleur pendant deux ans, puis ralentit. Si votre poule a plus de trois ans et que nous sommes en novembre, vous tenez sans doute déjà la réponse.
Table des matières
- Vérifier qu’elle ne pond pas ailleurs
- L’âge, première explication
- La mue, une pause qui revient chaque automne
- Le manque de lumière en hiver
- Une alimentation qui ne suit plus
- L’eau, souvent oubliée
- Le stress et les visiteurs de la nuit
- Parasites et maladies
- La poule couveuse
- Œufs mous ou sans coquille
- Quand appeler le vétérinaire
Vérifier qu’elle ne pond pas ailleurs
Avant de chercher une cause, comptez les œufs pendant une semaine et faites le tour du jardin. Une poule qui trouve le pondoir trop sombre, trop passant ou envahi de poux préfère souvent pondre sous une haie, derrière le poulailler ou dans un tas de bois. On croit à une grève, c’est un nid caché.
L’autre possibilité, c’est que les œufs disparaissent. Un rat, une pie, une corneille, ou une poule qui a pris goût à l’œuf cassé les font partir sans laisser de traces. Des morceaux de coquille ou du jaune séché dans le nid mettent sur la piste, et l’article sur les poules qui mangent leurs œufs explique quoi faire dans ce cas.
L’âge, première explication
Les deux premières années sont les plus régulières. Dès la troisième, la production baisse, les œufs deviennent plus gros et plus espacés. Certaines races rustiques comme la Sussex ou la Rhode Island pondent encore à cinq ou six ans, mais lentement. Vous trouverez les plus constantes dans notre article sur les meilleures races de poules pondeuses.
Il n’y a rien à corriger, c’est une affaire de calendrier. Qui veut des œufs toute l’année renouvelle une partie du poulailler tous les deux ou trois ans. Les plus vieilles peuvent rester, elles grattent et surveillent le jardin tout aussi bien.
La mue, une pause qui revient chaque automne
À l’automne, les poules adultes changent de plumes. La mue dure plusieurs semaines, souvent deux à trois mois, et pendant ce temps l’énergie va aux plumes, pas aux œufs. La ponte s’arrête ou presque. Cette période, on la reconnaît aux plumes éparpillées dans le poulailler, à une poule dépenaillée qui reste à l’écart, et aux plumes neuves qui sortent comme de petits tuyaux.
On ne peut pas l’empêcher. Mais on peut seulement l’accompagner avec un aliment un peu plus riche en protéines. Si une poule perd ses plumes en dehors de cette période, ou si la peau est à vif, c’est un autre problème, décrit dans l’article sur la perte de plumes chez la poule.
Le manque de lumière en hiver
La ponte suit la durée du jour. Une poule a besoin d’environ quatorze à seize heures de lumière pour pondre normalement. En décembre, il y en a huit ou neuf en France métropolitaine, alors beaucoup de poules s’arrêtent et reprennent à la fin de l’hiver.
Si vous voulez des œufs en hiver, rallongez le jour avec une ampoule LED sur minuterie. Allumez-la le matin plutôt que le soir : la lumière du soir qui s’éteint d’un coup laisse les poules dans le noir, loin du perchoir. Évitez les lampes chauffantes. Dans un poulailler garni de paille, le risque d’incendie est réel, et les poules supportent très bien le froid sec. Vous pouvez aussi ne rien faire et accepter la pause.Dans le temps, dans les fermes, on laissait volontiers ce répit hivernal aux poules pour qu’elles puissent reprendre des forces pour la nouvelle saison.
Une alimentation qui ne suit plus
Pondre un œuf presque tous les jours demande du calcium, des protéines et beaucoup d’énergie. Un aliment complet pour pondeuses, autour de 16 % de protéines, couvre l’essentiel. Les céréales seules ne suffisent pas. Mettez aussi des coquilles d’huîtres concassées dans un récipient à part : chaque poule prend ce dont elle a besoin.
Les friandises, légumes, restes de cuisine et vers de farine, ne doivent pas dépasser un dixième de la ration. Au-delà, la poule se remplit de ce qui ne fait pas d’œufs. Un changement brutal d’aliment ou une ration trop grasse peuvent aussi couper la ponte. Les quantités et les compléments sont détaillés dans le guide de l’alimentation des poules pondeuses.
L’eau, souvent oubliée
Un œuf se compose d’environ trois quarts d’eau. Une poule boit de l’ordre d’un quart de litre par jour, et davantage quand il fait chaud. Un abreuvoir gelé le matin, vide en fin d’après-midi ou sale suffit à couper la ponte en quelques jours.
En hiver, dégelez l’eau chaque matin. En été, mettez-la à l’ombre et vérifiez-la deux fois par jour. Nos conseils pour protéger une poule de la forte chaleur vont plus loin.
Le stress et les visiteurs de la nuit
Une poule stressée cesse de pondre, et ce qui la stresse ne se voit pas toujours de jour. Un renard qui tourne autour du poulailler sans pouvoir entrer suffit. Cherchez des empreintes, des poils sur le grillage, un trou sous la clôture, en vous aidant de l’article sur les attaques de renard.
D’autres causes sont plus banales : un chien nouveau, des travaux, un poulailler déplacé, un enclos trop petit, de nouvelles poules qui bousculent la hiérarchie. Pour ce dernier cas, il y a une méthode pour intégrer de nouvelles poules dans un groupe. Quant au coq, il n’a aucun rôle dans la ponte : les poules pondent sans lui, il ne sert qu’à féconder les œufs.
Parasites et maladies
Les poux rouges sont la cause qu’on découvre le plus tard. Le jour, ils se cachent dans les fentes du poulailler. La nuit, ils montent sur les poules pour se nourrir de leur sang. Une poule piquée toutes les nuits s’affaiblit, pâlit et finit par arrêter de pondre. Allez voir à la lampe de poche après la tombée de la nuit, ou passez un chiffon blanc sur les perchoirs : de petites taches rouges ou grises qui bougent, ce sont eux.
La terre de diatomée dans les fentes et dans le bain de poussière aide à les contenir. Un bac de sable sec permet aux poules de se nettoyer seules. Une poule qui maigrit, au plumage terne et aux fientes anormales, peut aussi avoir des vers : voyez les solutions de vermifuge naturel.
La poule couveuse
Une poule qui reste des heures sur le nid, gonfle ses plumes, grogne quand on approche et se déplume le ventre ne pond plus parce qu’elle veut couver. Elle peut tenir ainsi plusieurs semaines. Retirez les œufs chaque jour et sortez-la du nid plusieurs fois. Si elle s’obstine, quelques jours dans une cage à fond grillagé, au frais et à la lumière, cassent la crise. Si vous voulez des poussins, laissez-la faire : l’incubation dure vingt et un jours, et notre article sur les poules qui couvent explique la suite.
Œufs mous ou sans coquille
Une coquille fine ou absente vient presque toujours d’un manque de calcium, d’un coup de stress ou d’une poule âgée. Mettez des coquilles d’huîtres à disposition et revoyez la ration. Un œuf mou se mange, mais il se brise et se contamine plus facilement, donc on le cuit. Si les œufs restent mous alors que l’alimentation est correcte, ou si le problème touche plusieurs poules, mieux vaut demander conseil à un vétérinaire.
Quand appeler le vétérinaire
Une poule prostrée, au ventre gonflé, à la crête pâle, qui se tient droite comme un pingouin ou respire la bouche ouverte, ne traverse pas une simple pause. Plusieurs poules malades ou mortes en quelques jours non plus. Dans ces cas, appelez un vétérinaire sans attendre.
Quand rien ne colle, notez pendant dix jours le nombre d’œufs, l’heure à laquelle la lumière se lève et ce qui a changé dans le poulailler. Le motif ressort presque toujours.
