You are currently viewing Quelle poule pondeuse choisir selon ce que vous attendez d’elle

Une poule qui pond 300 œufs par an et une poule qui en pond 180 ne rendent pas le même service. La première s’épuise vite, la seconde tient souvent plusieurs années de plus. Avant de regarder les races, il vaut mieux savoir ce que vous cherchez : beaucoup d’œufs la première année, une poule calme pour des enfants, un oiseau qui supporte l’hiver chez vous, ou un peu de tout cela.

Les chiffres ci-dessous sont des moyennes annuelles pour une poule bien nourrie, dans un poulailler propre, avec de la lumière. Chez un éleveur, d’une lignée à l’autre, l’écart peut être de 20 % ou plus. Prenez-les comme des ordres de grandeur, pas comme une promesse.

Les poules rousses, pour des œufs en quantité

Ce que le grand public appelle « poule rousse » est en réalité un hybride commercial, croisé pour pondre beaucoup et tôt. On parle de 280 à 320 œufs par an, avec une première ponte vers 18 semaines. Elles sont calmes, faciles à manipuler, et c’est pour cela qu’on les recommande aux débutants.

Le revers est connu des éleveurs : la ponte chute nettement après 18 à 24 mois, et la poule vit souvent moins longtemps qu’une race pure. Si vous voulez des œufs sans trop y penser pendant deux saisons, c’est un bon choix. Si vous voulez garder vos poules jusqu’à leur mort naturelle, mieux vaut regarder ailleurs. Nous détaillons ce profil dans notre article sur les poules rousses, et ce qui arrive aux poules en fin de carrière dans celui sur la poule de réforme.

La Leghorn blanche, la plus productive

La Leghorn est une race d’origine italienne, améliorée aux États-Unis. Elle pond 280 à 300 œufs blancs par an et commence tôt, entre 16 et 18 semaines. Sur le papier, personne ne fait mieux parmi les races pures.

Elle est aussi nerveuse, vole bien et demande de l’espace. Dans un petit enclos près des voisins, elle s’agite et se fait entendre. Elle convient à celui qui a un grand parcours et qui veut des œufs, rien d’autre. Tout le détail est dans le guide de la Leghorn.

La Sussex, pour la durée et le caractère

C’est la race que je conseillerais en premier à une famille. La Sussex est une poule anglaise à double usage, docile, qui s’approche de la main et qui supporte bien l’enfermement comme le plein air. Comptez environ 200 à 250 œufs crème ou brun clair par an, et une ponte qui reste correcte pendant quatre ou cinq ans, là où un hybride roux a déjà décliné.

Vous perdez quelques dizaines d’œufs par rapport à une Leghorn, vous gagnez des années de ponte et une poule agréable à vivre. Le guide de la Sussex donne le détail des variétés de plumage.

La Rhode Island Red, la valeur sûre

Une race américaine, rustique, qui s’adapte à presque tous les climats. Elle donne 200 à 250 œufs bruns par an et garde une bonne ponte quatre à cinq ans. Son caractère est plus affirmé que celui de la Sussex : les poules entre elles se disputent plus volontiers, et le coq peut être brusque. Un poulailler avec de la place et quelques perchoirs en plus règle la plupart des tensions. Nous en parlons plus longuement dans l’article consacré à la Rhode Island.

La Wyandotte, pour les hivers froids

Sa crête en rose, basse et plate, gèle beaucoup moins vite qu’une grande crête simple. C’est le détail qui compte dans les régions où le thermomètre descend sous zéro plusieurs semaines. On attend 180 à 220 œufs par an, un caractère posé, et un plumage dense qui tient chaud. Elle pond moins qu’une Leghorn, mais elle continue à pondre en hiver là où d’autres s’arrêtent, à condition de ne pas manquer de lumière ni de nourriture.

La Marans, pour la couleur de l’œuf

La Marans est une race française. Elle pond 150 à 200 œufs par an, ce qui la place en bas de ce classement, mais ses œufs ont une coquille brun chocolat qui plaît à tout le monde sur un marché ou dans un panier. Elle est calme et robuste. Choisissez-la pour la qualité et l’allure de l’œuf, pas pour le volume. Les conseils d’élevage sont dans l’article sur les Marans.

La poule cendrée, une pondeuse rustique

La poule cendrée a le plumage gris ardoise et le tempérament tranquille. Elle est connue pour sa régularité et sa résistance, et elle supporte bien le plein air. Le profil complet figure dans notre article sur la poule cendrée.

Les poules naines, quand il manque de place

Une poule naine mange moins, prend moins de place et fait moins de bruit. Elle pond aussi moins, et des œufs plus petits. Pour un jardin de ville ou un enclos de quelques mètres carrés, c’est un compromis raisonnable, et plusieurs races naines pondent honnêtement. Notre guide des races de poules naines compare les plus courantes.

Quant aux poules d’ornement, beaucoup de lecteurs se demandent si elles pondent. La plupart pondent, mais moins et plus irrégulièrement que les races citées plus haut. On les prend pour leur allure, et les œufs sont un bonus.

Choisir selon son terrain et son temps

Le choix de la race compte moins que ce que vous lui offrez ensuite. Trois points changent davantage la ponte qu’une différence de race.

L’alimentation d’abord. Une poule mal nourrie pond mal, quelle que soit sa lignée, et nous avons réuni l’essentiel dans le guide de l’alimentation naturelle des poules pondeuses. La lumière ensuite : en dessous d’environ 14 heures de jour, la ponte ralentit, et c’est pour cela qu’elle baisse en automne. Enfin la tranquillité, parce qu’une poule stressée par un chien, un voisin ou un rapace arrête de pondre. Si vos poules s’arrêtent sans raison apparente, cet article sur les causes d’une poule qui ne pond plus fait le tour des pistes.

Mon avis, pour résumer sans résumer : un débutant avec un jardin moyen sera bien servi par une Sussex, un éleveur qui veut des œufs en nombre prendra des rousses en sachant qu’il les renouvellera, et celui qui vit au-dessus de 800 mètres regardera du côté de la Wyandotte. Pour ma part, j’ai toujours obtenu de bons résultats avec des poules rousses avec une longévité plus importante que prévu parfois.

Reste à trouver les poules. Pour des adresses et des conseils d’achat, voyez où acheter des poules pondeuses près de chez soi, et pour un premier poulailler le guide du débutant.

Laurent

Journaliste depuis plus de 30 ans, j'ai travaillé pour la presse magazine et d'information nationale et régionale. Par ailleurs je suis aussi passionné de nature et auteur de plusieurs livres sur le sujet comme "Le potager pour manger sain à petit budget" ou encore "MA MICRO-FERME EN POTS: Permaculture, santé et recettes : le guide du jardinier urbain."