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Image par Agence Akapella

Vous avez un bac à compost dans votre jardin, ou vous envisagez d’en installer un ? Excellent choix ! Le compostage est l’une des pratiques les plus intelligentes et les plus gratifiantes du jardinage naturel. Transformer vos déchets organiques en or brun — ce compost riche et fertile que vos plantes adorent — c’est à la fois écologique, économique et franchement satisfaisant.

Mais voilà la question que tout le monde se pose au début : qu’est-ce qu’on met dedans exactement ? Épluchures de carottes, oui. Coquilles d’œufs, peut-être. Restes de poulet rôti… euh, on hésite. Et les feuilles mortes ? Les cartons ? Les cendres de la cheminée ?

Pas de panique. Dans cet article, on fait le tour complet de ce qui doit (et ne doit surtout pas) atterrir dans votre composteur. Vous allez découvrir les matières vertes et brunes indispensables, les astuces pour accélérer la décomposition, et même ce que vos poules ont à voir avec tout ça. Prêt à devenir un as du compostage ? C’est parti !


Les matières vertes : l’azote qui fait vivre votre compost

Les matières vertes, ou matières azotées, sont le carburant de votre bac à compost. Elles apportent l’azote nécessaire aux micro-organismes qui décomposent la matière organique. Sans elles, votre composteur serait aussi inerte qu’un tas de feuilles mortes oublié sous un arbre.

Ce que vous pouvez y jeter sans hésiter :

  • Les épluchures de fruits et légumes (carottes, pommes de terre, courgettes, pommes…)
  • Les restes de salades et autres légumes feuilles non cuisinés
  • Le marc de café et les filtres en papier qui vont avec
  • Les sachets de thé (vérifiez qu’ils ne contiennent pas de plastique !)
  • La tonte de gazon fraîche, en petites quantités
  • Les mauvaises herbes qui n’ont pas encore monté en graine
  • Les fanes de légumes du potager (tomates, radis, carottes)
  • Les plantes sauvages fraîches comme l’ortie, véritable booster de compost

L’ortie, justement, mérite une mention spéciale. Riche en azote et en fer, elle accélère spectaculairement la décomposition. Quand je taille mes orties en bordure de potager, tout part directement dans le composteur. Résultat ? Un compost prêt deux à trois semaines plus tôt qu’à l’habitude.

Un point important : évitez d’ajouter la tonte de gazon en grandes quantités d’un coup. Elle a tendance à se tasser, à former une couche compacte et humide qui empêche l’aération. La règle d’or ? Mélangez toujours les matières vertes humides avec des matières sèches et brunes pour maintenir l’équilibre.


Les matières brunes : la structure indispensable du composteur

Si les matières vertes sont le carburant, les matières brunes sont la charpente de votre compost. Riches en carbone, elles structurent le mélange, absorbent l’excès d’humidité et évitent les mauvaises odeurs. Un compost qui sent mauvais, c’est presque toujours un compost qui manque de matières brunes.

Les matières brunes à glisser dans votre bac à compost :

  • Les feuilles mortes (idéalement broyées pour accélérer leur décomposition)
  • Le carton non imprimé ou à encre naturelle, déchiré en petits morceaux
  • Les boîtes d’œufs en carton
  • Le papier journal non glacé, froissé
  • Les branches et tailles de haies broyées
  • La paille et le foin en petite quantité
  • Les copeaux de bois (non traité !)
  • Les tiges de maïs ou de tournesol séchées, broyées

Le rapport idéal entre matières vertes et matières brunes tourne autour de 2/3 de brun pour 1/3 de vert. En pratique, beaucoup de jardiniers font l’inverse et se retrouvent avec un compost trop humide et malodorant. Si c’est votre cas, ajoutez une bonne couche de feuilles mortes ou de carton déchiré : vous verrez la différence en quelques jours.

Les feuilles mortes, en particulier, sont un trésor à ne surtout pas mettre à la poubelle. Chaque automne, récoltez-les, stockez-les dans un coin du jardin, et vous aurez une réserve de matière brune pour toute l’année. Certaines feuilles comme celles du chêne ou du platane se décomposent lentement — mieux vaut les broyer avant de les incorporer.


Les déchets de cuisine : ce qui peut (et ne peut pas) entrer

La cuisine est une mine d’or pour votre bac à compost. Mais tous les déchets ne se valent pas, et quelques erreurs classiques peuvent transformer votre composteur en source de nuisances.

Ce que vous pouvez composter sans souci :

  • Épluchures de tous les légumes et fruits (même d’agrumes, avec modération)
  • Coquilles d’œufs écrasées — elles apportent du calcium et aèrent le mélange
  • Pain rassis en petits morceaux (à enfouir pour éviter les rongeurs)
  • Restes de fruits non cuisinés
  • Herbes aromatiques fraîches ou séchées
  • Essuie-tout et mouchoirs en papier non chimiques

Ce qu’il vaut mieux éviter :

  • Les viandes, poissons et produits laitiers : ils fermentent, attirent les nuisibles et génèrent des odeurs désagréables
  • Les graisses et huiles de cuisson
  • Les plats cuisinés assaisonnés (sel, sauces)
  • Les agrumes en grande quantité : ils acidifient trop le compost et ralentissent l’activité microbienne

Une anecdote : une voisine me confiait que son composteur « ne marchait pas » et sentait mauvais depuis des semaines. En regardant de plus près… elle y jetait les restes de son chat ! Viandes, pâtées, tout y passait. Quelques ajustements plus tard — retrait des protéines animales, ajout massif de carton — son compost était redevenu exemplaire en moins d’un mois.

Pour les os et arêtes, oubliez le composteur classique. En revanche, si vous avez des poules, elles s’en chargeront avec plaisir !


Ce que le jardin apporte naturellement au composteur

Votre jardin est une source inépuisable de matières compostables, et c’est souvent par là qu’on commence. Mais là encore, quelques précisions s’imposent pour que votre composteur reste sain et efficace.

Les bonnes contributions du jardin :

  • Tontes de gazon (en couches fines, alternées avec du brun)
  • Tailles de haies et d’arbustes broyées
  • Fleurs fanées et bouquets séchés (sans fils de fer !)
  • Résidus de potager en fin de saison : pieds de tomates, courges, haricots
  • Algues si vous habitez en bord de mer (excellentes pour le compost)
  • Plantes sauvages comme la consoude, bourrache, ortie
  • Terreau usagé des pots et jardinières

Ce qu’il faut éviter de composter :

  • Les plantes malades (mildiou, rouille, feu bactérien…) : les pathogènes peuvent survivre et contaminer votre futur amendement
  • Les mauvaises herbes grainées : leurs graines survivent souvent à la décomposition et recoloniseront votre potager
  • Les plantes traitées avec des pesticides de synthèse
  • Le gazon traité aux herbicides sélectifs

La consoude mérite vraiment qu’on s’y attarde. Ses feuilles larges et charnues sont extraordinairement riches en potassium et en azote. Plantez-en quelques pieds en bordure de jardin : vous aurez une source permanente d’activateur de compost 100 % naturel. Les jardiniers bio en sont fans depuis des décennies, et pour cause.


Les poules, les cendres et les autres surprises compostables

Il y a des matières compostables auxquelles on ne pense pas spontanément, et qui pourtant enrichissent considérablement votre bac à compost. Voici quelques-unes des plus efficaces.

Les fientes de poules sont un véritable trésor pour le composteur. Très riches en azote, phosphore et potassium, elles accélèrent la décomposition et boostent la qualité finale du compost. Si vous avez un poulailler, mélangez la litière souillée (fientes + paille ou copeaux) directement dans le composteur. Attention : en raison de leur concentration en azote, elles chauffent beaucoup — toujours les diluer avec des matières brunes pour éviter de « brûler » le compost.

Les cendres de bois (uniquement de bois non traité) apportent du potassium et permettent de corriger légèrement un compost trop acide. En revanche, n’en mettez pas trop : une poignée par couche suffit largement.

D’autres matières souvent oubliées :

  • Les cheveux et ongles (riches en kératine, donc en azote)
  • La laine brute ou les vêtements en laine naturelle déchiquetés
  • Le duvet d’oiseaux et les plumes (décomposition lente mais efficace)
  • La sciure et les copeaux de bois non traité
  • Les coquilles d’huîtres ou de moules broyées, pour apporter du calcium
  • Le compost de vers (lombricompost) pour ensemencer un nouveau bac

Et les champignons ? Les pieds de champignons de Paris et les parures de champignons sauvages se compostent très bien. Idem pour le substrat épuisé des kits de culture de champignons — un excellente matière à décomposer, déjà colonisée par le mycélium.


Conclusion

Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour transformer votre bac à compost en véritable usine à engrais naturel. La clé du succès repose sur l’équilibre entre matières vertes (azote) et matières brunes (carbone), une bonne aération et un peu de régularité. Commencez simplement, observez, ajustez — le compost, ça s’apprivoise.

Et rappelez-vous : chaque épluchure, chaque feuille morte, chaque fiente de poule jetée dans votre composteur, c’est un petit geste qui nourrit votre sol, réduit vos déchets et renforce votre autonomie au jardin. La nature fait le reste. Alors, qu’attendez-vous pour vous lancer ?


FAQ autour du bac à compost

Q : Peut-on mettre des épluchures d’agrumes dans le bac à compost ?
R : Oui, mais en quantité modérée. Les épluchures d’agrumes (citron, orange, pamplemousse) sont acides et peuvent ralentir l’activité microbienne si elles sont ajoutées en trop grande quantité. Une poignée de temps en temps ne posera aucun problème ; simplement, évitez d’en faire la matière principale de votre composteur. Mélangez-les bien avec des matières brunes pour équilibrer.

Q : Combien de temps faut-il pour obtenir du compost utilisable ?
R : Cela dépend de votre méthode et des matières utilisées. En compostage actif — avec brassages réguliers, bon équilibre vert/brun et taille des matières réduite — vous pouvez obtenir un compost mûr en deux à trois mois. En compostage passif (on dépose, on oublie), comptez plutôt six à douze mois. La chaleur, l’humidité et les retournements sont les trois facteurs qui accélèrent vraiment le processus.

Q : Mon compost sent mauvais, que faire ?
R : Une mauvaise odeur signale généralement un excès d’humidité ou un manque de matières brunes. Ajoutez des feuilles mortes, du carton déchiré ou de la paille, puis retournez le tas pour l’aérer. Si l’odeur est très forte (type ammoniac), c’est un excès de matières azotées — même solution : plus de brun. Évitez aussi de mettre des viandes ou poissons qui fermentent rapidement.

Encore à savoir sur le bas à compost

Q : Peut-on composter en appartement sans jardin ?
R : Tout à fait ! Le lombricompostage (compostage avec des vers de terre) est parfaitement adapté aux appartements. Un bac compact placé sous l’évier ou sur un balcon peut traiter vos déchets de cuisine sans odeur. Les vers transforment rapidement vos épluchures en un amendement de très haute qualité. Il existe aussi des unités de bokashi, qui fermentent les déchets organiques y compris viandes et laitages.

Q : Les fientes de poules sont-elles vraiment utiles dans le compost ?
R : Absolument, et elles sont même parmi les activateurs les plus puissants qui existent. Riches en azote, phosphore et potassium, les fientes de volaille accélèrent significativement la décomposition et enrichissent le compost final. L’idéal est de les ajouter mélangées à la litière du poulailler (paille, copeaux), ce qui équilibre naturellement l’apport azoté. Ne les mettez jamais pures en grande quantité : elles pourraient « brûler » le compost.

Q : Peut-on mettre du pain et des pâtes dans le composteur ?
R : Oui, avec quelques précautions. Le pain rassis et les pâtes non cuisinées se compostent bien, mais ils peuvent attirer les rongeurs s’ils sont laissés en surface. La règle : enfouissez-les toujours au cœur du tas, recouvrez de matières brunes.

Nadine

Journaliste depuis plus de 20 ans, j'ai travaillé pour la presse magazine nationale et régionale. Je suis aussi une passionnée de nature et de jardinage, et auteur de plusieurs livres sur le sujet comme "Le potager pour manger sain à petit budget" ou encore "MA MICRO-FERME EN POTS: Permaculture, santé et recettes : le guide du jardinier urbain."