Un bon compost se fabrique avec presque tout ce qui vient de la cuisine et du jardin, à condition de respecter quelques règles d’équilibre : un mélange de matières humides et de matières sèches, de l’air, un peu d’eau, et la patience. Ce qui pose problème, c’est moins ce que l’on met que ce que l’on y met trop, ou à contretemps. Voici ce qui va dans le tas, ce qu’il faut éviter, comment l’équilibrer, quelques ennuis courants et ce que l’on fait du compost une fois prêt.
Table des matières
Les matières vertes, riches en azote
Ce sont les apports humides, qui chauffent et nourrissent les micro-organismes : épluchures de légumes et de fruits, restes de repas végétaux, marc de café avec son filtre, sachets de thé sans agrafe en plastique, tontes de gazon fraîches, fanes de légumes, orties, plantes arrachées sans graines. Les fientes de poules et le fumier de cheval ou de lapin sont de très bons activateurs, à mélanger avec des matières sèches.
La tonte de gazon pose un piège : en grosse couche, elle se tasse, fermente et sent mauvais. Étalez-la en fine épaisseur ou séchez-la avant, et lisez l’article sur le compostage du gazon.
Les matières brunes, riches en carbone
Ce sont les apports secs, qui aèrent le tas et absorbent l’excès d’humidité : feuilles mortes, paille, foin, petites branches broyées, copeaux et sciure de bois non traité, carton brun non imprimé déchiré, papier journal, essuie-tout et boîtes d’œufs en carton. Gardez un stock de feuilles mortes ou de carton à côté du composteur : c’est ce qui rattrape un tas trop humide.
L’équilibre entre les deux
La règle de base est de mélanger vert et brun. Les proportions varient selon les sources : certaines parlent de deux tiers de brun pour un tiers de vert en volume, d’autres de parts à peu près égales, et d’autres encore de davantage de vert. Aucune n’est absolue. Retenez le principe : chaque fois que vous ajoutez des épluchures humides, couvrez-les d’une poignée de matière sèche. Si le tas sent mauvais ou devient gluant, ajoutez du brun. S’il ne chauffe pas et reste sec, ajoutez du vert et un peu d’eau.
Ce qu’il faut éviter
Évitez la viande, le poisson, les produits laitiers et les restes très gras, qui attirent rats et mouches et pourrissent mal. Évitez les huiles, les excréments de chiens et de chats, les litières, qui peuvent contenir des parasites, et les cendres de charbon. Les plantes malades vont à la déchetterie, sauf si votre tas monte vraiment en température.
Les mauvaises herbes montées en graines et les racines de plantes envahissantes comme le liseron ou le chiendent germent ou repartent dans un tas qui reste tiède. Elles ne se compostent que si le tas dépasse 60 à 70 °C pendant plusieurs jours, ce que la plupart des petits composteurs n’atteignent pas. Les sources donnaient 60 °C, mais mieux vaut viser plus haut ou les écarter. Le pain, les pâtes et le riz cuits sont tolérés en petite quantité, mais attirent les nuisibles.
Quelques cas particuliers ont leur article : les agrumes, les coquilles d’œuf et les feuilles d’artichaut.
Aérer et arroser
Le compost a besoin d’air et d’humidité, comme une éponge essorée : humide sans qu’une poignée serrée ne fasse couler d’eau. Retournez le tas ou piquez-le à la fourche toutes les deux à trois semaines, ce qui réactive la décomposition et évite les poches sans air. Arrosez en période sèche et couvrez en cas de pluies longues. Plus les déchets sont coupés petits, plus ils se décomposent vite.
Combien de temps ça prend
Un tas bien géré, retourné et équilibré, donne un compost utilisable en trois à six mois. Un tas laissé à lui-même demande de six mois à plus d’un an. Pour une méthode plus rapide, voyez comment fabriquer son compost en 30 jours. Pour fabriquer le bac, cet article explique comment le faire en palettes, et en appartement, le lombricomposteur est une alternative.
Les problèmes courants
Une odeur d’ammoniaque ou de pourri signale un excès de vert ou d’eau : ajoutez du brun et aérez. Un tas sec qui ne se décompose pas manque d’eau ou de vert. Les moucherons (drosophiles) sont attirés par les fruits : enfouissez les épluchures sous une couche de brun. Des rongeurs signalent des restes cuits ou de la viande : retirez-les et fermez mieux le composteur.
Reconnaître un compost mûr
Il est brun foncé, friable, il sent la terre de sous-bois, et l’on n’y reconnaît plus les déchets de départ, à part quelques morceaux de branche ou de coquille. Un compost qui chauffe encore, qui sent mauvais ou qui est visiblement grossier n’est pas fini.
Utiliser le compost
Épandez une couche de 3 à 5 cm au printemps ou à l’automne sur les planches du potager, que vous griffez en surface sans l’enfouir profondément. Au pied des plantes, une couche de 5 cm fait un paillage nourrissant. À la plantation, mélangez-en une poignée à la terre du trou, jamais pur contre les racines. Pour les semis, tamisez-le et mélangez-le à du terreau ou à de la terre. Sur la pelouse, un centimètre étalé finement suffit. Le thé de compost est détaillé dans cet article.
