You are currently viewing Tout savoir pour tailler vos arbres fruitiers
Image par Agence Akapella

Un arbre fruitier non taillé produit, mais mal : des fruits petits, une récolte une année sur deux, un centre touffu où l’air ne passe pas et où les maladies s’installent. La taille sert à garder une charpente équilibrée, à laisser entrer la lumière et à régler la production. Elle ne demande pas de technique compliquée, mais elle exige de choisir le bon moment, car pommiers et cerisiers ne se taillent pas à la même saison. Voici pourquoi, quand et comment tailler, avec les outils et les erreurs à éviter.

Pourquoi tailler

On taille d’abord pour donner à l’arbre une forme solide et accessible, dès les premières années. Ensuite on taille ensuite pour entretenir la fructification : en supprimant le bois mort, les branches qui se croisent et les pousses verticales stériles, on fait circuler la lumière et on concentre les forces sur les branches qui portent les fruits. On taille enfin pour la santé de l’arbre, car une branche malade retirée à temps empêche la maladie de se propager. Le bénéfice sur les rendements n’est pas chiffrable de façon fiable, mais un arbre mal aéré est plus sensible aux maladies fongiques.

Les trois types de taille

La taille de formation intervient pendant les trois ou quatre premières années, pour construire la charpente selon la forme choisie : gobelet, fuseau, palmette ou haute tige selon l’espace et l’espèce. Pour sa part, la taille de fructification s’applique ensuite chaque année aux arbres adultes pour entretenir la production. La taille de rajeunissement redonne de la vigueur à un vieil arbre négligé, en général sur plusieurs années plutôt que d’un seul coup.

Quand tailler selon l’espèce

Pour les fruits à pépins, pommiers et poiriers, la taille se fait en hiver, pendant le repos de la végétation, après la chute des feuilles et avant le départ des bourgeons, en général de février à mars, par temps sans gel. Évitez les jours de gelée forte, où le bois est cassant.

Les fruits à noyau, cerisiers, pruniers, pêchers et abricotiers, craignent la taille hivernale, car les plaies cicatrisent mal par temps froid et humide, et ouvrent la porte à la gommose et à des maladies comme le chancre bactérien. On les taille plutôt au printemps ou en été, juste après la récolte, avec des coupes légères. Pour chaque espèce, voyez les articles dédiés : la taille du pêcher, la taille des pruniers et la taille du figuier.

Les petits fruits, groseilliers, cassissiers ou framboisiers, se taillent juste après la récolte pour les branches qui ont fructifié. Les grands arbres, noyers, châtaigniers ou vieux sujets à haute tige, demandent un élagueur, car travailler en hauteur avec une scie est dangereux.

La taille en vert, en été

Entre juin et août, pendant la pousse, on retire les gourmands, ces pousses verticales très vigoureuses qui naissent sur les grosses branches et ne fructifient pas. On raccourcit aussi les rameaux trop vigoureux, on supprime les pousses qui encombrent le centre, et on retire les branches abîmées. Cette taille légère freine un excès de vigueur, alors qu’une taille d’hiver trop sévère stimule au contraire de nouvelles pousses.

Réguler la charge en fruits

Une branche surchargée casse, et l’arbre qui donne trop une année se repose la suivante. En juin, quand les fruits grossissent, éclaircissez en laissant un fruit, deux au maximum, par bouquet. Les sources parlaient d’un fruit par bouquet et d’une dizaine de pommes par mètre de branche, une indication courante mais variable selon la variété et la vigueur. Servez-vous-en comme repère, sans l’appliquer à la lettre.

Les gestes de base

Retirez d’abord le bois mort, malade ou cassé, puis les branches qui se croisent ou frottent, puis les gourmands, puis les branches qui poussent vers l’intérieur. Coupez juste au-dessus d’un bourgeon orienté vers l’extérieur, en biais, de façon que l’eau ne stagne pas sur la plaie. Pour retirer une branche entière, coupez au ras du bourrelet à la base, sans laisser de chicot ni entamer le tronc. Pour une grosse branche, faites d’abord une entaille par en dessous, puis coupez par au-dessus pour éviter que l’écorce ne se déchire.

Une règle de prudence citée partout est de ne pas retirer plus d’un quart à un tiers de la ramure en une seule saison. L’une des sources donnait 20 %. Aucune valeur n’est absolue, mais un arbre taillé trop sévèrement réagit en lançant une forêt de gourmands.

Les outils

Il faut un sécateur à lame franche pour les petits bois, un ébrancheur pour les branches moyennes et une scie d’élagage pour les plus grosses. Gardez-les affûtés, car une coupe nette cicatrise mieux. Désinfectez les lames à l’alcool à 70° entre deux arbres, et surtout après avoir coupé une branche malade, pour ne pas transporter les maladies d’un arbre à l’autre. L’usage d’un mastic cicatrisant sur les grosses plaies est discuté : il n’est pas indispensable sur les petites coupes.

Les erreurs courantes

Tailler au mauvais moment, comme un cerisier en plein hiver, est l’erreur la plus fréquente. Viennent ensuite les coupes trop sévères, les chicots laissés qui pourrissent, les coupes sur bois humide par temps pluvieux, et l’oubli de désinfecter les outils. Ne taillez pas non plus un arbre qui vient d’être planté, sauf pour retirer le bois cassé : laissez-le s’installer une saison. Pour les bonnes périodes de plantation et de soins, voyez l’article sur la plantation des arbres fruitiers.

Laurent

Journaliste depuis plus de 30 ans, j'ai travaillé pour la presse magazine et d'information nationale et régionale. Par ailleurs je suis aussi passionné de nature et auteur de plusieurs livres sur le sujet comme "Le potager pour manger sain à petit budget" ou encore "MA MICRO-FERME EN POTS: Permaculture, santé et recettes : le guide du jardinier urbain."