You are currently viewing La girolle : un champignon populaire et savoureux
Image par Jürgen de Pixabay

La girolle (Cantharellus cibarius) fait partie des champignons sauvages que l’on reconnaît le plus facilement, ce qui n’empêche pas les erreurs. Sa couleur jaune d’or, son odeur fruitée et ses faux plis sous le chapeau la distinguent bien, à condition de savoir quoi regarder. Voici comment l’identifier sans se tromper, où et quand la chercher, comment la cueillir, la nettoyer et la cuisiner.

Reconnaître une vraie girolle

Le chapeau, d’abord convexe puis en entonnoir irrégulier, mesure en général de 3 à 10 cm de diamètre, parfois un peu plus. La couleur va du jaune clair au jaune orangé. Le bord du chapeau est ondulé, souvent lobé.

C’est sous le chapeau que se trouve le critère le plus sûr. Une girolle n’a pas de vraies lamelles, mais des plis épais, espacés, ramifiés, qui descendent sur le pied sans s’en détacher, comme une continuité du chapeau. Passez le doigt dessus : ils sont épais et arrondis, jamais fins comme les lamelles d’un champignon de Paris.

Le pied est plein, de la même couleur que le chapeau, et se rétrécit vers la base. La chair est ferme, blanchâtre à jaune pâle, et se déchire en fibres comme un filament. L’odeur rappelle l’abricot, un détail précieux pour confirmer l’identification.

Les confusions possibles

Deux champignons ressemblent à la girolle et sont à connaître. La fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) est d’un orange plus vif et plus uniforme. Elle porte de vraies lamelles, fines, serrées et bifurquées, et sa chair est orangée. Elle est souvent décrite comme sans valeur culinaire, avec une toxicité mal établie, mais la considérer comme comestible reste une erreur.

Le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius), lui, est franchement toxique. Il pousse en touffes sur les souches et les racines d’arbres, avec de vraies lamelles, et provoque de fortes douleurs digestives. Une girolle pousse isolée ou en petits groupes dans le sol, rarement en grosse touffe collée au bois.

La règle est simple : en cas de doute sur un seul critère, on ne mange pas. Un pharmacien formé à la mycologie ou une société mycologique locale peut vérifier votre cueillette gratuitement ou presque. Pour les bases de l’identification, cet article sur les champignons comestibles est un bon point de départ.

Où et quand les trouver

Les girolles poussent dans les forêts de feuillus, chênes et hêtres surtout, ainsi que dans certains bois de conifères, sur des sols plutôt acides et bien drainés, souvent au milieu de la mousse. Elles reviennent d’une année à l’autre au même endroit si l’on ne détruit pas le mycélium.

La saison commence en juin et peut durer jusqu’en novembre, avec un pic en septembre et octobre après des pluies suivies de douceur. Pour repérer les bons endroits et les bons moments, voyez l’article sur la saison des champignons et celui sur le ramassage en automne.

Cueillir sans abîmer la forêt

Coupez la girolle au couteau à la base du pied, ou tordez-la délicatement, en laissant le mycélium intact. Ne ramassez que les sujets bien formés, et laissez les très jeunes. Placez-les dans un panier aéré, jamais dans un sac plastique où elles s’écrasent et chauffent.

Vérifiez les règles locales : dans beaucoup de communes et de forêts, la cueillette est limitée en quantité par personne et par jour, et interdite dans certains espaces protégés. Demandez l’autorisation du propriétaire en forêt privée.

Nettoyer les girolles

Elles retiennent beaucoup de terre et de brindilles entre leurs plis. Brossez-les avec une petite brosse douce, grattez le pied au couteau, et essuyez-les avec un linge humide. Si elles sont vraiment sales, un passage rapide sous un filet d’eau suffit, suivi d’un séchage immédiat sur un torchon. Évitez de les tremper, car elles se gorgent d’eau et perdent leur saveur.

Les cuire

Comme tous les champignons sauvages, elles ne se mangent pas crues. Voici la méthode qui marche le mieux. Faites-les d’abord revenir à sec dans une poêle chaude, sans matière grasse, jusqu’à ce que l’eau qu’elles rendent s’évapore. Ajoutez alors du beurre ou de l’huile d’olive, une échalote hachée, du sel et du poivre, et poursuivez la cuisson quelques minutes. Finissez avec du persil.

Elles accompagnent très bien des œufs brouillés, une omelette, un risotto, une volaille rôtie ou une purée. Leur goût fin se perd dans les plats trop relevés : mieux vaut les garder simples.

Conserver les girolles

Fraîches, elles se gardent deux à trois jours au réfrigérateur. En particulier dans un sac en papier ou une boîte tapissée d’un papier absorbant, jamais dans du plastique fermé. Pour plus longtemps, congelez-les après les avoir fait revenir à la poêle, comme expliqué dans notre article sur la congélation des champignons. Le séchage est possible, mais le goût change et peut devenir plus amer, ce qui le rend moins intéressant que pour des cèpes.

Ce qu’elles apportent

La girolle est peu calorique et contient un peu de vitamine D, ce qui est rare pour un légume, ainsi que du potassium et des vitamines du groupe B. On la mange pour son goût plus que pour ses apports, qui restent modestes à l’échelle d’un repas.

Laurent

Journaliste depuis plus de 30 ans, j'ai travaillé pour la presse magazine et d'information nationale et régionale. Par ailleurs je suis aussi passionné de nature et auteur de plusieurs livres sur le sujet comme "Le potager pour manger sain à petit budget" ou encore "MA MICRO-FERME EN POTS: Permaculture, santé et recettes : le guide du jardinier urbain."