Reconnaître le mildiou
Le mildiou de la tomate est causé par un champignon microscopique, Phytophthora infestans, le même qui attaque la pomme de terre. Il prospère par temps doux et humide, en gros entre 10 et 25 °C avec des feuilles qui restent mouillées. En France, il arrive le plus souvent de fin juin à septembre, après une période de pluies ou de brouillard.
Les premiers signes sont de petites taches vert-brun, d’aspect huileux, sur les feuilles. Elles s’étendent vite, noircissent, et les feuilles jaunissent puis se dessèchent. Par temps humide, un feutrage blanchâtre apparaît sous la feuille, à la limite de la tache. Les tiges se couvrent de zones brunes ou noires. Les fruits, eux, portent des taches brunes et dures, souvent d’abord sur le haut du fruit. Un plant peut perdre toutes ses feuilles en quelques jours.
Il n’y a pas de remède, seulement de la prévention
Le point à comprendre d’emblée : une fois le mildiou installé, on ne guérit pas les feuilles touchées. On ralentit la maladie et on sauve ce qu’on peut. Presque tout se joue donc avant, par les gestes de culture.
Le premier est de ne pas mouiller les feuilles. Arrosez au pied, le matin, comme l’explique notre article sur l’arrosage des tomates. Un paillage évite aussi que la terre éclabousse les feuilles du bas, par où l’infection commence souvent. Les matériaux de paillage d’été sont comparés dans un autre article.
Le deuxième est l’air. Un plant serré dans la verdure sèche mal. Respectez la distance entre les pieds, tuteurez solidement (le tuteurage des tomates), supprimez les feuilles du bas qui touchent le sol, et taillez sans excès (la taille).
Le troisième est la rotation. Ne replantez pas des tomates, ni des pommes de terre, à la même place pendant au moins trois ans, car le champignon survit dans le sol et sur les débris végétaux. Éloignez aussi le carré de tomates des pommes de terre, qui sont souvent la première source de contamination. La rotation des cultures est détaillée dans un article dédié.
Enfin, un abri aide beaucoup. Des tomates plantées sous un auvent, un tunnel ouvert ou un petit toit de plastique qui les protège de la pluie sont nettement moins touchées, même si l’air est humide.
Traitements autorisés au jardin
Les préparations à base de cuivre, comme la bouillie bordelaise, sont utilisées en agriculture biologique contre le mildiou. Elles agissent à titre préventif : on traite avant les symptômes, ou à leurs tout débuts, et on renouvelle après de fortes pluies. Respectez la dose et le délai avant récolte indiqués sur l’emballage, car le cuivre s’accumule dans le sol. Pour un jardin d’amateur, vérifiez que le produit porte bien la mention d’usage autorisé en jardin.
Du côté des préparations maison, la décoction de prêle, riche en silice, est utilisée en préventif pour renforcer les feuilles : voyez notre article sur la décoction de prêle. Le purin d’ortie sert surtout d’engrais (son mode d’emploi).
Le bicarbonate de soude est souvent cité. La recette courante : une cuillère à soupe de bicarbonate alimentaire pour 4 litres d’eau, avec éventuellement une cuillère à soupe d’huile végétale et une de savon liquide doux. On pulvérise le matin ou en fin de journée, dessous des feuilles et sur la terre, tous les quinze jours et après de fortes pluies. Testez d’abord sur une petite portion, car un excès jaunit les feuilles, et évitez de traiter les fruits. Son effet reste limité et préventif : ne comptez pas dessus pour arrêter une attaque déjà en cours.
Quand le mildiou est là
Retirez tout de suite les feuilles et les tiges atteintes, mettez-les dans un sac et jetez-les avec les ordures ménagères. Ne les mettez pas au compost, sauf s’il monte en température. Nettoyez votre sécateur après chaque passage. Si la maladie gagne tout le plant, arrachez-le entièrement pour protéger les voisins.
Cueillez aussitôt les fruits sains, même verts : ils pourront finir de mûrir à l’intérieur (comment récolter les tomates), ou être cuisinés (que faire des tomates vertes). Les fruits déjà tachés ne se conservent pas et pourrissent vite.
Choisir des variétés tolérantes
Certaines variétés résistent mieux au mildiou, sans être immunisées. Parmi celles que l’on trouve citées : Mountain Magic, Defiant PhR, Mountain Merit, Iron Lady, Legend, Crimson Crush. Ce sont surtout des hybrides sélectionnés à l’étranger, qui n’existent pas toujours chez les semenciers français. Vérifiez la disponibilité dans les catalogues. Une variété résistante ne dispense pas de l’arrosage au pied, de l’espace et de la rotation : la résistance plie sous une forte pression de la maladie. Pour d’autres plantes de votre potager, quoi planter avec les tomates donne des associations.
Le mildiou touche aussi d’autres plantes, comme la vigne ou la pomme de terre. Notre article sur comment identifier et traiter le mildiou en parle de façon plus générale.
