Le géranium de balcon est en réalité un pélargonium, une plante originaire d’Afrique du Sud qui ne supporte pas le gel. Laissé dehors, il meurt à la première vraie gelée. Pourtant, il se conserve très bien d’une année sur l’autre à condition de lui offrir un hiver frais, hors gel, avec très peu d’eau. L’erreur classique est d’arroser trop : la pourriture, pas le froid, fait périr la plupart des plants hivernés à l’intérieur. Voici quand les rentrer, les trois méthodes qui marchent, et comment les remettre en route au printemps.
Quand les rentrer
Rentrez les plants entre la fin septembre et la mi-octobre, avant les premières gelées. Dès que la température descend vers 5 °C la nuit, il faut les mettre à l’abri, car quelques degrés sous zéro sont fatals. N’attendez pas la veille de la gelée, car les feuilles souffrent déjà du froid humide.
Préparer les plants
Avant de rentrer, inspectez chaque pied. Retirez les feuilles et fleurs fanées ou jaunes, qui pourrissent et lancent la moisissure grise (botrytis). Vérifiez le dessous des feuilles à la recherche de pucerons, de cochenilles ou d’aleurodes, qu’il vaut mieux traiter avant de les rentrer pour ne pas contaminer la maison. Nettoyez les pots.
Méthode 1 : en pièce fraîche et lumineuse
C’est la plus simple et la plus fiable. Placez les pots dans une pièce hors gel, fraîche et claire, comme une véranda non chauffée, une cave avec fenêtre ou un garage vitré. La température idéale va de 5 à 12 °C selon les sources, avec des variations autour de 8-10 °C. Plus il fait chaud, plus la plante pousse et s’étiole faute de lumière. Arrosez très peu, une fois par mois environ, juste pour que la motte ne se dessèche pas complètement. L’excès d’eau est ce qui fait pourrir le pied. Aérez par temps doux et retirez régulièrement les feuilles mortes.
Méthode 2 : à l’obscurité, en repos total
Si vous n’avez pas de pièce lumineuse, rabattez les tiges à 10 à 15 cm, supprimez toutes les feuilles, et stockez les pots dans un endroit frais, sec, sans gel, comme une cave ou un garage, entre 5 et 10 °C. La plante se met en repos et perd ses feuilles. Arrosez un peu une fois par mois, très peu. Les sources divergent sur la nécessité de lumière : un peu de clarté évite que les tiges ne s’étiolent, mais une plante rabattue et dormante s’en passe.
Méthode 3 : à racines nues
Certains jardiniers sortent les plants du pot, secouent la terre, coupent le feuillage et les suspendent la tête en bas, dans un endroit sec, sombre et frais. Elle économise la place, mais le taux de réussite est plus aléatoire que celui des pots : les racines peuvent se dessécher. Je la conseille à ceux qui ont peu de place et ne craignent pas de perdre quelques plants.
Méthode 4 : multiplier par bouture
Plutôt que de garder des plants encombrants, prélevez des boutures de 10 à 15 cm à la fin de l’été, qui prendront moins de place et donneront des plants frais l’année suivante. La méthode est détaillée dans l’article sur le bouturage du géranium.
Ce qu’il vaut mieux éviter
Enterrer les pots dans le jardin pour l’hiver, comme le conseillait l’une des sources, ne protège pas du gel dans les régions où le sol gèle en profondeur : ne vous y fiez pas. Évitez aussi une pièce chauffée, trop sèche et trop chaude, qui favorise les parasites et l’étiolement, et l’engrais pendant l’hiver.
Le réveil au printemps
En février-mars, quand les jours rallongent, sortez les plants de leur repos. Taillez environ la moitié des tiges, en coupant au-dessus d’un nœud, pour qu’ils se ramifient. Rempotez dans un terreau neuf, arrosez progressivement plus, et apportez un engrais dilué à partir d’avril. Placez-les à la lumière dans une pièce lumineuse mais fraîche, puis habituez-les à l’extérieur en les sortant quelques heures par jour avant de les installer définitivement après les dernières gelées, vers la mi-mai.
Et le géranium lierre
Le géranium lierre, un pélargonium retombant, s’hiverne de la même façon. Cet article détaille ses particularités. Pour les vrais géraniums vivaces de jardin, qui n’ont pas besoin d’hivernage, voyez cet article.
